11 Février 2014
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Culture

Histoire des naufrages sur la côte Angloye

Histoire des naufrages sur la côte Angloye et aux abords de l'embouchure de l'adour.

Vue l'actualité littorale, nous en profitons pour faire un petit flash-back sur l'histoire et les circonstances des naufrages sur la côte Angloye et aux abords de l'embouchure de l'Adour, afin de mieux connaitre la fréquence de ces événements tragiques et d'en comprendre les principales raisons

 

 

 

 

 

Les naufrages sur la côte angloye sont essentiellement liés à la difficulté de rentrer ou de sortir de l'Adour avec des conditions climatiques difficiles. A l'accident de navigation ou à l'incident technique, il s'ajoute souvent le drame humain. Sur le littoral angloy, l'augmentation des naufrages a coïncidé avec le retour de l'embouchure du fleuve à Boucau en 1578 par Louis de Foix. La dangerosité de son franchissement, avec ses mouvements de sable qui en forment la Barre, est depuis longtemps reconnue par les marins qui le redoutent. Voici un florilège de ces histoires maritimes, quelques exemples de ces fortunes de mer qui ont marqué nos plages :

 

Dès le Moyen Age, c'est à dire vers le quatorzième siècle, les naufrages étaient suffisamment fréquents pour que les seigneurs locaux exigent un droit de naufrage. L'inventeur, c'est à dire celui qui découvrait le bateau échoué ou ses restes sur la plage, avait l'obligation de restituer la cargaison au seigneur dont il dépendait. Ce dernier ou son représentant légal, partageait le butin en trois parties: une part pour le seigneur, une part pour le propriétaire du navire et une part pour l'inventeur...Après plusieurs jours, les restes abandonnés ou oubliés sur la plage appartenaient à la population qui les ramassaient.(0) Mais il n'en a pas toujours été ainsi au cours du temps et nombreux sont ceux qui firent main basse sur ces trésors, un crime passible de pendaison pour les moins malins d'entre eux.

 

Au dix-septième et dix-huitième siècle, les navires transportant de la marchandise précieuse étaient souvent assurés. Ainsi on retrouve dans les minutes des notaires locaux, entre 1689 et 1759, les traces de six bateaux naufragés à l'entrée de Bayonne. Ils ne représentent qu'un échantillon des nombreux accidents survenus durant cette période (1). En effet, les divagations du fleuve constatées à cette époque vers la Chambre d'Amour formaient un estuaire type "passes" du bassin d'Arcachon, augmentant la difficulté de franchir la Barre. C'est vers 1732 que fut construite la première tour de guidage à l'entrée de l'Adour pour informer les marins de la bonne route à suivre lors du franchissement de la Barre. Il y avait aussi, si les conditions le permettaient, des canotiers-remorqueurs qui tiraient les navires de cet endroit délicat à la seule force des bras de leur équipage.

Gravure de l'embouchure de l'Adour de 1860 avec un voilier en dificulté
L’embouchure de "la Doure" 1823 LOUIS GAMERAY: une goélette américaine, poussée par le mauvais temps se dirige vers la passe dangereuse. Avec un mouvement du mat de pavillon, la tour indique le chemin à suivre. Au premier plan, deux barques de pilote attendent que le navire soit hors de danger pour le conduire au port.


- Le 24 février 1814, durant la guerre contre l'empereur Napoléon, les troupes anglaises, espagnoles et portugaises, menées par le général Wellington, qui remontent depuis l'Espagne, tentent de traverser l'Adour. Le général imagine alors de construire un pont de bateaux entre la Capitainerie du port et la berge de l'autre côté du fleuve. Cette opération périlleuse, retardée à plusieurs reprises en raison des mauvaises conditions météo, prévoie d'envoyer depuis St Jean de luz soixante et un bateaux afin d'acheminer le matériel nécessaire à l'entrée de l'Adour pour construire le pont. Sur les 61 embarcations, 34 réussiront à franchir l'embouchure de l'Adour, 15 s'échoueront et 12 y renonceront. Il est important de rappeler que en temps de guerre, toutes les balises étaient retirées par les troupes françaises, rendant la navigation encore plus délicate. Mais l'opération fut un succès puisque les Anglais réussirent à prendre position de l'autre côté de la rive, ce qui permit de resserrer l'étau autour de la citadelle Vauban de Bayonne.(2)

goelette échouée  vers 1930
Goélette échouée sur la plage vers 1930.

 

Entre 1857 et 1905, sur 57 557 navires qui franchirent la Barre, on relèvera la perte de 33 voiliers et de six vapeurs échoués. Dix sept marins auraient péri noyés lors de ces drames (3). On notera une amélioration du franchissement de l'embouchure du fleuve avec l'apparition du premier remorqueur à vapeur vers 1841.

goélettes remorquées fin 1800
Dès leur arrivée, ces deux goélettes sont prises en charge par le remorqueur pour être conduite vers le port.


En 1885, l'embouchure de l'Adour est définitivement stabilisée avec la construction des deux digues de guidage de chaque côté de la sortie du fleuve. Elles figeront une bonne fois pour toutes la sortie de l'Adour et seront prolongées de jetées sur pilotis. Mais elles deviendront aussi un nouvelle obstacle à éviter par les navires dans les moments critiques du franchissement de la Barre. A plusieurs reprises, des navires les heurteront causant ainsi des avaries plus ou moins graves.

navire échoué à l'entrée sud de l'embouchure de L'Adour début 1900
Navire échoué contre la jetée à l'entrée sud de l'embouchure de l'Adour début 1900. En arrière plan, on voit bien le banc de la Barre qui fait déferler les vagues juste devant l'entrée du fleuve..


Voici quelques noms et emplacements de bateaux naufragés entre 1849 et 1905 qui ont retenu notre attention. Certains d'entre eux seront renfloués, d'autres pas:

- le 20 avril 1849, le ST ANDRÉ s'échoue entre le nord de la Chambre d'Amour et la Barre.

- le 18 février 1853, le brick-goélette FRANÇOIS s'échoue à son tour à l'extrémité sud de l'embouchure de l'Adour

Voilier franchissant la Barre de l'Adour fin 1800
Joli voilier franchissant la Barre de l'Adour fin 1800.

 

- le 14 janvier 1854, le brick GARELLE sombre à l'intérieur de la Barre.

- le 20 février 1855, le brick-goélette AIMABLE AUGUSTA s'échoue au sud de l'embouchure de l'Adour

- le 19 mai 1856, le navire HÉLÉNA s'échoue aussi à l'embouchure sud de l'Adour.

Vapeur franchissant la Barre de l'Adour fin 1800
Vapeur tentant la sortie du fleuve avec difficulté fin dix-neuvième siècle.

 

- le 11 janvier 1857, le navire BERTHE coule sur la Barre de l'Adour.

- le 19 mars 1860, le chasse marée LA SIDONIE s'échoue du côté de la Chambre d'Amour.

- le 9 mars 1876, le BAYONNAIS sombre en 4 jours sur la Barre de l'Adour.

Le Bayonnais 9  Mars 1876
Après avoir heurté la jetée sud suite à une tempête, le navire s'échoue sur le banc de la Barre avant de disparaître définitivement quelques jours plus tard! (5)

 

- le 17 septembre 1882, LISTER, un trois mats norvégien s'échoue sur la Barre de l'Adour.

Trois mat norvégien le Lister échoué à marée basse au petit matin du 17 Septembre 1882
Ce trois mat norvégien s'échoue sur un banc de sable à l'entrée de l'Adour vers 17h30 alors qu'il se faisait remorquer. Au bout de cinq jours, il finit par se mettre en travers du fleuve ce qui lui sera fatal...(5)

 

- le 21 mars 1894, un sloop provenant du Brésil viendra, pour une raison inconnue, s'échouer sur le banc au nord immédiat de l'embouchure du fleuve.(5)

sloop, navire du Brésil 21 Mars 1894

voilier échoué côté nord de l'embouchure début 1900
Voici en image un cas similaire, survenu à un voilier au nord de la Barre de l'Adour début 1900.

 

Entre 1905 et 2014, les conditions de franchissement de la Barre vont grandement s'améliorer avec l’acquisition par le port de deux dragues , Bayonne I et Bayonne II, qui vont supprimer chaque année plus de 300 000 mètres* cubes de sable à l'entrée de l'Adour. En une décennie, ces engins vont creuser un chenal de navigation qui va permettre de garantir une profondeur de 3 à 4 mètres toute l'année. C'est ainsi que la fréquence des accidents va considérablement diminuer avec la disparition de cet obstacle naturel à la navigation. Mais de nouvelles problématiques vont apparaître au cours du temps liées à l'artificialisation de l'embouchure du fleuve pour y faire rentrer des bateaux de plus en plus gros:

 

- Le 17 décembre 1910, le MAROON, un vapeur charbonnier anglais en provenance de Glasgow, est victime d'une avarie alors qu'il se prépare à passer la barre de l'Adour. Il est rapidement déporté devant Biarritz et mouille l'ancre à moins d'un demi mille de la Roche Plate. Un fort vent de sud commence à souffler et l'état de la mer n'autorise aucune tentative de sauvetage par le remorqueur de la Chambre de Commerce, ni par le canot de sauvetage de Socoa. Le guide-baigneur Labadie part à la nage et ramène le capitaine à terre. Dix sept membres d'équipage sur les dix huit qui sont à son bord sont sauvés. L'amarre lancée avec le canon porte-amarre permet d'établir un va et vient et l'équipage peut quitter le navire qui dérive vers la Chambre d'Amour où il s'échoue.(4)


Le Marron à la Chambre d'Amour 1910
Le Marron à la petite Chambre d'Amour en 1910, juste après s'être échoué.


Le navire est ensuite balayé par la forte houle hivernale et se disloque en deux. L'hélice en bronze, repérée dans les années 1970 en face de la plage du VVF, a été malencontreusement détruite au cours d'une tentative de récupération.(3)
Le Marron à la Chambre d'Amour 1910

Certains disent que les pièces d'or retrouvées sur cette plage plusieurs décennies après provenaient de ce navire. D'autres affirment qu'elles appartenaient au docteur Genthil dont les caves avaient été détruite par une tempête dans les années soixante. Qui a raison, qui a tort?

 

- Le 07 novembre 1930, le navire italien SANTA RITA n'ayant pu obtenir de pilote pour rentrer durant une tempête, tente de passer la barre de l'Adour. Il heurte l'estacade ce qui crée une brèche. Le navire dérive et s'échoue sur la plage. Les vingt-trois hommes d'équipage sont sauvés par des va et vient depuis le sable.

- Le 17 novembre 1938, le WALBORG, un cargo Hollandais pris dans une tempête, fait naufrage sur la barre de l'Adour. Les seize membres de l'équipage sont sauvés là aussi par un va et vient.

échouage similaire plage nord de l'Adour
Cas d'un échouage similaire à proximité immédiate de l'embouchure du fleuve, qui pourrait correspondre soit au SANTA RITA ou soit au WALBORG. Qui sait?


- Vendredi 12 décembre 1969, le vieux minéralier ROMULUS, se présente devant Bayonne mais doit attendre la marée pour entrer au port.

Romulus 1969
Le Romulus, un minéralier de 146 mètres de long.


Le lendemain matin, le pilote monte à bord mais la machine ne démarre pas. C'est la panne! Le temps est au beau, le Capitaine Mazzolini décide d'entreprendre la réparation. Le dimanche, la tempête se lève. Le lundi soir, l'incident se transforme en tragédie. Le Romulus chasse sur ses ancres, dérive et heurte la jetée nord. Il se brise en trois morceaux. Le Capitaine Mazzolini et quatre hommes d'équipage sont emportés par une énorme vague. Les vingt et un autres membres d'équipage trouvent refuge dans la cheminée, à l'arrière du navire. Un groupe d'hommes courageux va les sauver avec l'assistance de l'énorme grue "Titan", utilisée pour construire la fameuse digue! Julien Miniconi, Georges Labro, Jean Lissardi, et d'autres héros vont, au péril de leur vie, sauver les vingt et un marins de l'épave du Romulus.

Romulus 1969 accroché à la digue du Boucau
Le Romulus, ici drossé contre la digue du Boucau, est en plein naufrage. Ce choc sur la grande digue lui est fatal puisqu'il s'y disloque en trois partie...


- Le Dimanche 12 octobre 1997, le "CAPETAN TZANNIS,", vraquier grec sous pavillon panaméen de 143 mètres de long et en provenance des îles du Cap Vert, se trouve au mouillage devant Bayonne. Il doit rentrer le mardi pour charger 12.000 tonnes de soufre solide. Vers 2h00 du matin, le vent se lève et souffle en rafales à force 8. A 5h15, le sémaphore de Socoa remarque que le Capetan Tzannis bouge. A 5h40, il contacte le commandant qui déclare lever l'ancre pour changer de lieu de mouillage. A 6h45, soit une heure plus tard, le navire est échoué sur la plage de la Madrague à Anglet, suite à une série de maladresses et d'incompétences. Au départ posé sur le sable entre les plage de l'Océan et des Dunes, le vent le pousse vers le sud la nuit suivante... La digue de La Madrague, plus proéminente à l'époque, ouvre une brèche de de trois mètres de long à l'avant de la coque. Le gouvernail aussi est faussé et 120 tonnes de fuel lourd se répandent sur les plages, polluant pour la première fois le littoral Angloy d'hydrocarbures.

Capetan Tzannis 1997 plage de la Madrague
Le Cargo tchanqué sur la digue. Photo Bernard Cabrol


Après constat, l'état général du cargo est déplorable, les treuils de guindeau sont poussifs et ne parviennent pas à dégager le cargo de la digue grâce à l'ancre tribord.
A aucun moment le commandant Anargiros n'a lancé un appel de détresse ni demandé l'assistance du port de Bayonne. Les pilotes sont furieux. Ils apprennent l'échouage en écoutant la radio le lendemain matin à 9h00. S'ils avaient été alertés par le commandant, ils auraient pu intervenir et sauver le cargo de l'échouage.
Le mardi, le renflouage est parfaitement réalisé par les trois remorqueurs de Bayonne, le PORNICHET le NOIRMOUTIER et l'ABEILLE SUPPORTER. Pris en charge par un autre remorqueur à hauteur d'Hendaye, le cargo est remorqué jusqu'à Bilbao. Il est immédiatement vendu aux chantiers de démolition de Gijon par son propriétaire.

Les plages d'Anglet sont fermées et sécurisées par l'armée venue en renfort. La dépollution de la plage souillée par 120 tonnes de fuel lourd est engagée dés le mardi matin par une équipe de spécialistes venue de Rochefort, secondée des sapeurs pompiers. Quelques jours plus tard, il ne reste plus rien du passage du CAPETAN TZANNIS sur la plage de la Madrague.(6) Le stock de sable souillé d'hydrocarbures restera des entreposé des années au bord de l'Adour...

capetan TZANNIS 2 en Octobre 1997 - Bernard CABROL - ADALA
Photo Bernard Cabrol


- Le mercredi 5 février 2014 vers 8h30, le LUNO, en provenance de Bilbao, est en approche du port de Bayonne. Il connait un black out électrique qui stoppe immédiatement ses moteurs au moment de la phase d'approche de la Barre de l'Adour.
seb marie Luno en perdition
Le LUNO en perdition. photo Sebastien Marie

 

Les conditions météorologiques très houleuses mettent vite à la dérive le navire espagnol qui, malgré l'intervention du remorqueur et finit par s'écraser au bout de la digue des Cavaliers à 9h26. Le bateau, vide, se brise en deux en sept minutes.

Luno dernière feuille de route 0502 2014
Dernière feuille de route du navire. On voit que le bateau est en attente de l'autorisation d'entrée devant l'embouchure de l'Adour. (il tourne en rond) Après la sortie de deux autres navires du port de Bayonne, le pilote monte à bord avant de subir le naufrage. Photo issu de Marine Traffic.


L'avant s'échoue rapidement sur la plage des Cavaliers, la partie centrale et le château restent quelques heures de plus accrochés au bout de la digue. L'équipage et le pilote de l'Adour sont tous sauvés par un hélicoptère PUMA de l'armée de l'air, un hélitreuillage difficile tant le château du navire est ballotté par les vagues. Bravo les gars !

Nauvrage Cavaliers 0502 2014
Cette partie du bateau finit par se rompre et couler dans la soirée après 20h00.


La majeur partie du gasoil, soit 80 tonnes, présente sur l'avant du bateau, est pompée en totalité trois jours après. On ne relève pas de pollution sur les plages Angloyes comme en 1997 à la Madrague. Toutes les parties du navires seront probablement récupérées et découpées sur la plage dans les mois qui suivront !

l'avant du Luno à la plage des Cavaliers
Quand la réalité dépasse la fiction ! !


Durant le XX siècle, il y eut moins de naufrages à l'entrée de l'Adour et moins de victimes que durant les siècles précédents. Cela s’explique par une meilleure fiabilité des navires, des moyens de positionnement et de communications plus performants, une meilleure organisation des secours, et au dragage de l'entrée de l'Adour qui a fait progressivement disparaître cette barre si dangereuse. Mais la présence de nombreux enrochements artificiels à proximité de l'embouchure à modifié les dangers et à donné des frayeurs à deux cargos quittant le port ces dix dernières années. Les plages d'Anglet ont eu de la chance que le LUNO soit vide. Mais la mer reste un élément puissant et, de temps à autres, elle continuera à faire échouer sur la côte les bateaux défaillants qui la chevauchent. Alors comment sécuriser les nouvelles problématiques du franchissement de l'Adour?

Ancre de la Chambre d'amour, hommage aux nombreux bateaux échoués ou sombrés sur les plages d'Anglet
L'Ancre à la Chambre d'amour, hommage discret aux nombreux bateaux échoués sur les plages d'Anglet.

L'équipe SoSLa

(0)Droit de naufrage dans le vicomté de Marenne F. Hirigoyen).
(1)Naufrages des Terreneuviens Bayonnais et Luziens; L. Turgeon.
(2)Le franchissement de l'Adour par les anglais en février 1814. Général F. Gaudeul.
(3)Anglet en carte postale ancienne Claude Benavides.
(4)Musée de la Mer de Biarritz: "A l'appel des SOS", Roger Laffon, Ed. Soc. du Journal de la Marine Marchande" 1927.
(5)Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime Naufrage de 1847 à 1913.
(6)D'après José Arocena.
*300 000 mètres cubes = volume de la tour Montparnasse.

 

SOURCE : SOS LITTORAL ANGLOY

 

 

Bacalao
Anglet Surf Info - Culture

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