15 Juillet 2012
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Culture

Préparation physique, Yoga et Ostéopathie

Le surfeur, le bodyboardeur, le bodysurfeur ou le skimboardeur baignent dans une addiction pour leur sport qui est souvent insondable pour le commun des (autres) mortels.


Passionnés, ils le sont souvent pour la vie. Ride or die ! Mais comment faire pour assouvir au mieux sa passion sans se casser, perdurer et prendre son pied à l’eau?


La bonne santé physique et psychologique ne se résume pas à une seule pratique. Aussi bonne soit elle. La juxtaposition de bonnes pratiques conduira plus certainement le rideur à glisser mieux, plus vite, plus fort… et plus longtemps.

Voici quelques pistes à prendre en compte :

 

Le rider chute, glisse et sollicite certains muscles plus que d’autres tout au long de sa pratique. Imposant à son corps des contraintes mécaniques parfois considérables ! Certaines pièces anatomiques du corps – à force de ces mêmes sollicitations musculaires, des nombreuses taules et autres gamelles – se « grippent », perdent de leur mobilité première. Conséquences : enraidissements articulaires, tensions musculaires, douleurs plus ou moins invalidantes qui peuvent réduire nettement les performances ! L’ostéopathie se révèle une thérapie de choix pour libérer le corps de ses « grippages » et restaurer la dynamique nécessaire pour rider plus vite, plus fort, plus longtemps !

 

Entre les contraintes mécaniques liées à l’activité surf et la rupture de l’harmonie du mouvement – consécutif aux sursollicitations musculaires et autres « grippages » – certaines zones de notre corps sont plus fragiles que d’autres et jouent un véritable rôle tampon. C’est le début des douleurs : cervicalgie, lombalgie, sciatique, tendinopathie d’épaule, etc.

 

L’ostéopathe va alors dépister et traiter les causes des douleurs et des tensions qui diminuent la force musculaire, qui altèrent la souplesse articulaire. En restaurant une mobilité originelle, il s’instaure alors un nouvel équilibre, une nouvelle dynamique au sein du corps. Le potentiel et la puissance musculaires s’en retrouvent améliorés. La souplesse articulaire et ligamentaire sont retrouvées. La capacité respiratoire optimisée. Le corps débarrassé de ces divers « grippages », tensions et autres douleurs, récupérera mieux après l’effort. Le corps sera reboosté, moins fatigué et plus performant.

 

Pour les plus interrogatifs d’entre vous, l’ostéopathie est une médecine manuelle douce. Un ostéopathe DO (= Diplômé d’Ostéopathie, validant un cursus de 5 années de formation), saura adapter ses techniques. L’ostéopathe ne fait pas toujours « craquer » vos articulations. Loin de là. Si vous avez une aversion phobique pour ces techniques sonores, dites-le à votre praticien. Il saura, je le rappelle, s’adapter. Il a dans son arsenal thérapeutique des techniques efficaces, DOUCES, et sans que cela heurte vos oreilles sensibles. Amen !

 

De plus, n’attendez pas d’avoir mal pour consulter. Quand le corps crie, c’est déjà trop tard. En consultant 1 à 2 fois par an, vous éviterez les longues journées qui vous laissent loin de votre home spot. Prévenir est toujours mieux que courir après la guérison !

 

Chose importante. La cause de la douleur est parfois à distance de la zone douloureuse (sauf trauma direct sur la zone évidemment). Ne soyez donc pas étonné si votre ostéopathe mobilise votre cheville ou votre ventre alors que vous venez consulter pour un mal au cou. Il traitera le symptôme (la zone du motif de consultation). Parfois non. Mais aussi et surtout, il traitera le terrain pour éviter que les douleurs reviennent. Une anecdote ? Plus jeune, mon grand père Maurice, philosophe du dimanche soir à ses heures perdues (ma grand mère Berthe et lui n’avait pas la télé à cette époque, gloire à leurs âmes) me disait souvent : « quand on marche sur la queue du chat Minouche, c’est à l’autre bout que cela miaule ». Il aimait rajouter « mettre un pansement sur un doigt coincé dans une porte c’est couillon. Ouvrir la porte, c’est quand même mieux ! ». Pragmatique et emprunt de bon sens mon grand père Maurice. L’absence de télévision l’a peut-être aidé à devenir sage et en bonne santé ..

 

Si vous n’avez pas déjà commencé, faite du YOGA et/ou du Pilates.
Inscrivez-vous (avec un pote, c’est plus motivant) dans une des nombreuses associations et/ou clubs qui accompagnent de plus en plus les rideurs. Souvent il y a une large présence féminine. Vous allez peut-être rencontrer la cougar de votre vie !

 

surf et yoga

 

 

Pourquoi le yoga ? Le yoga permet de relâcher des zones importantes et fortement sollicitées lors de nombreuses sessions: épaules, pectoraux, bassin, rachis, quadriceps, arrière des cuisses et psoas. Vous retrouverez un corps plus équilibré. Un corps équilibré et alerte fonctionne avec plus d’efficacité et de puissance. Vous travaillerez également votre stabilité interne si importante dans le surf. Sans parler de l’effet bénéfique, et malheureusement occulté, de la respiration abdomino-diaphragmatique (ou abdominale) sur les différentes structures du corps. Le yoga procure donc beaucoup de bienfaits pour le rideur.

 

Un corps assoupli, reboosté, et sans douleur, c’est bien !
Il faut maintenant l’entretenir et renforcer ce corps de rider du futur. De façon intelligente SVP !

 

Dernier volet donc, et non des moindres : la préparation physique. Encore une fois, je ne suis là que pour vous donner des pistes. Je n’accepte aucune doléance si je vois pointer la moindre déception d’un manque de développement. Matt Griggs, préparateur physique du team Rip Curl et du très rapide Mick Fanning, prétend que surfer ne suffit pas et ne fait que renforcer une posture déjà viciée, inadéquate et que s’entraîner uniquement pour rendre les muscles plus forts est la recette pour se blesser. Toujours selon lui, beaucoup de choses peuvent vous permettre de rider mieux, de rider longtemps. Faire du vélo ou du running vous rendra endurant et puissant pour…le vélo et le running, mais pas forcément pour le surf, le skate ou le snow.

 

Quand on analyse la performance physique en surf par exemple, c’est un sport où il faut être explosif, endurant et souple …. Une vague, à moins que vous n’habitiez à Chicama ou J-Bay, ne dépasse pas en temps de ride de 10 à 15 secondes. Alors on s’entraîne toujours avec le terminus à l’esprit. Grâce à une préparation physique générale (PPG) et du gainage, vous pouvez travailler tout cela. Vous renforcerez de façon équilibrée (c’est une notion importante) et globale tout le système musculaire afin de mieux supporter une charge de travail plus intensive (une longue session, un trick exigeant, un dimanche en famille…). Travaillez intelligemment et de grandes choses se passeront dans l’eau et ailleurs. Vous riderez mieux et plus longtemps. Trouvez un pote (le même, si vous vous prénommez Rémi) et rapprochez vous d’un préparateur physique ou d’une salle de fitness pour organiser vos entraînements.

 

Autre bienfait d’un renforcement musculaire intelligent : ré-équilibration des attitudes de vie qui conduisent à une mauvaise posture. Et ceci est primordial pour rider vieux et perdurer dans ce monde impie du ride. Pourquoi donc ? La gravité, que l’on subit tous les jours et toute notre vie + les attitudes de la vie quotidienne qui nous voûtent (ordinateur, addiction pré/post pubaires aux SMS, programmes de début de soirée de NT1, Playstation, station assise prolongée/sédentarité). Tout ceci concourt à une posture « viciée ». A favoriser une attitude dite « Droopy » : épaules et menton en avant, pieds et hanches tournés vers l’extérieur. Résultat : mauvais alignement corporel.

 

Conséquences : les courbures physiologiques du rachis (lordose et cyphose) ne sont plus respectées et augmentent les contraintes sur la mécanique de l’homosapiens sapiens que nous sommes. Usure et stress mécanique sont accentués. C’est le terreau des douleurs en tout genre, d’une récupération plus lente et des performances déclinantes.

 

De plus, la pratique du surf accentue ce déséquilibre antéro/postérieur du corps. L’attitude « droopy» se renforce. Certains muscles antérieurs du corps sont fortement sollicités (pectoraux, psoas, deltoides antérieurs) alors qu’ils sont déja naturellement plus puissants que ceux de la chaîne postérieure du corps (paravertébraux, carré des lombes, rhomboïdes, deltoides postérieurs). Il existe donc un déséquilibre postural initial, accentué encore et toujours, par la pratique glisse intensive.

 

La PPG ainsi que le gainage actif vont venir contrecarrer cette tendance à l’enroulement thoracique antérieur (désolé pour les fans). Kelly Slater, Lance Armstrong (pas le trompettiste, ni l’astronaute, le cycliste) et d’autres athlètes, utilisent la méthode «Foundation Training » qui insiste justement sur l’amélioration de la posture et du gainage pour contrecarrer ce fameux déséquilibre. Certainement une des clés de la performance et de la longévité dixit Tim Brown, chiropracteur américain qui suit Slater, Fanning et autre Jordy Smith…

 

L’ostéopathie, le yoga et la préparation physique rentrent donc dans une démarche complémentaire. Ces pratiques redonnent au corps fonctionnalité et adaptabilité. Le corps redevient utile et prompt à affronter les exigences sportivo-ludico-festives du rideur hédoniste. Apprenez maintenant à mener votre corps de la douleur au plaisir, du plaisir à la performance. Ridons mieux, ridons vieux!

 

Auteur : Vincent Grosdemouge
Vincent Grosdemouge est ostéopathe D.O exclusif, exerçant sur Anglet. Sensibilisé par la pratique sportive, il est également titulaire d’une Maîtrise STAPS

 

Source SURF PREVENTION

 

Bacalao
Anglet Surf Info -   Culture

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