07 Avril 2017
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Ecologie

Stratégie du trait de côte angloy vue par l'agglo

En 2012, l’Agglomération Côte Basque Adour (ACBA) a engagé une étude sur l’évolution de sa bande côtière dans un but de préserver l’attractivité du littoral jusqu’en 2043. Cette étude a été menée en concertation avec le GIP Littoral Aquitain, le BRGM, la DDTM, le Conseil Général et les services techniques des communes concernées.

La STRATÉGIE, qu’il en est ressortie, doit servir de base pour gérer au mieux l’avenir du trait de côte basque. Elle a été validée dans son état final le 09/11/2016, c’est à dire juste avant que l’ACBA ne fusionne avec la nouvelle communauté d’agglomération du Pays Basque.

 

 

 

 

 

 

 

Voici quelles en ont été les étapes:

– Entre 2012 et 2014, le BRGM a réalisé une première étape en évaluant l’aléa érosion côtière aux environs 2023 et 2043, c’est à dire les risques humains face au recul du trait de côte. Ces résultats ont été validés par l’agglomération en Décembre 2014 et ont servi de base de travail pour établir un schéma d’action. Plus de 50 rencontres ont eu lieu entre l’agglo et les communes littorales pour livrer ce travail. Mais hélas aucun échange n’est intervenu avec les associations du littoral qui auraient pu amener leur expertise sur les situations locales et leur ressenti sur des solutions à développer.

 

– Entre 2015 et 2016, le groupement ISL/PHYTOLAB a élaboré quatre phases pour construire la STRATÉGIE. Voici ce qu’il en est ressorti pour la côte Angloye:

La première phase a permis d’identifier deux tronçons aux enjeux sociaux-économiques, urbanistiques et écologiques différents. Le premier tronçon va de l’embouchure de l’Adour jusqu’à la digue des Sables d’Or. Le deuxième tronçon va de la digue des Sables d’Or jusqu’aux falaises du cap St Martin. (voir schéma ci-dessous)

 

strat image

 

La deuxième et la troisième phase avaient pour but de sélectionner le meilleur scénario pour chaque tronçon en fonction de l’analyse coût/avantages. Quatre possibilités apparaissaient d’ici 2023 et 2043: l’inaction, le maintien des ouvrages actuels, le replis stratégique ou un mix des trois . Il a donc été décidé de continuer le mode de gestion actuel pour les deux tronçon angloy jusqu’en 2023. Cela se résume à un maintien et un entretien des ouvrages actuels sans la création de nouveaux ouvrages d’art. La poursuite des opérations de ré-ensablement des plages avec la drague Hondarra continue, les processus naturels d’ensablement avec les ganivelles en haut de plage et les végétalisations dunaires sont accompagnés et les opérations de reprofilage perdurent. Des mesures d’optimisation des ouvrages existants pourront être menés jusqu’en 2043 pour être sûr de stabiliser le trait de côte, notamment dans le secteur de la Barre où les prévisions du BRGM sont les plus pessimistes, si toutefois ces dernières se confirment.

 

tronçon 1 et 2

Une quatrième phase avait pour but de formaliser ces stratégies retenues et de définir un programme d’action pour chaque secteur en le budgétisant et en le priorisant d’ici 2023 et 2043.  L’enveloppe totale d’investissement public pour toute la zone étudiée de l’agglo est de 85 millions d’Euro soit 3.3 millions euros/an. Des actions privées (association et ou individuelle) pourront, semble-t-il, intervenir à hauteur de 6 millions d’euros dans un cadre très précis. Enfin, des études vont être lancées à hauteur de  200 000 €/an pour mieux comprendre les phénomènes tempétueux, mieux saisir les mouvements sédimentaires côtiers et mieux évaluer les risques de submersion. Le projet Maréa qui a débuté en février/mars 2017 à Biarritz et qui devrait s’étendre aux plages d’Anglet en est le parfait exemple. 

 

L’érosion de la falaise, avec la chute de plusieurs pans en 1999 et 2001, caractérise le recul de la côte rocheuse notamment, ici, par un désensablement du pied de falaise.

trou ds la falaise

 

Deux autres idées mériteraient à notre goût d’être étudiées pour la préservation du trait de côte d’Anglet:

– l’idée de la construction d’une contre digue sud aussi longue que la digue du Boucau pour stopper la fuite coûteuse du sable angloy vers l’embouchure de l’Adour.

– la faisabilité de ramener sur la côte d’Anglet et de Biarritz le sable déposé au large par les 120 années de dragage de l’embouchure, afin de stopper l’érosion de la côte sableuse et rocheuse et diminuer le coût d’entretien des digues.

Ces deux idées restent à nos yeux des solutions d’avenir. Elles feront probablement l’objet de deux nouveaux articles afin de mettre en évidence leur bien fondé et leur intérêt car nous avons l’ambition d’aller plus loin pour la préservation de l’attractivité du littoral!

L’équipe SoSLa

 

 

Bacalao
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